Mise en place du réseau de surveillance de l'état de santé des poissons

La finalité de cette nouvelle mission de la Réserve marine est de déployer de nouveaux moyens (humains, instruments de mesures) pour opérer une surveillance régulière de l’espace marin en cas de résurgence de phénomènes liés à la mortalité des poissons. Il s’agit d’une première étape d’un processus global qui sera opérationnel au cours du second semestre 2015, avant le prochain été austral.

Contexte :

Avec un premier signalement dès 1976, les pathologies bactériennes et/ou virales affectant massivement les poissons des milieux naturels et aquacoles sont depuis régulièrement signalées dans le monde tempéré et tropical. A la Réunion, des phénomènes de mortalité massive surviennent quant à eux, ou sont rapportés, depuis 2000 et touchent en primo-infection et prioritairement les poissons de la zone Ouest de l’île. Le dernier épisode important s’est déroulé pendant l’été austral 2013-2014, au cours duquel plusieurs milliers de poissons furent touchés (10 000 environ sur 80 espèces différentes).

Les incidences sur le milieu marin que provoquent ce type de phénomènes, leurs risques potentiels mais aussi les impacts sur l’économie et l’attractivité de l’île, notamment en période touristique, ont conduit le ministère de l’écologie a octroyé une subvention exceptionnelle au GIP RNMR afin d’organiser un système de surveillance du milieu. Ce budget de 70 000 € permettra ainsi en 2015 le déploiement d’un réseau de 12 sondes (6 sites de platier et 6 sites de pente externe) qui couvrira le périmètre de la réserve et une zone de référence hors réserve située à Saint-Pierre. Le GIP RNMR sera assisté par l’ARDA pour la mise en œuvre opérationnelle de ce réseau.

La pose des sondes n’est qu’une première étape.

Ces sondes permettront d’étudier la possible causalité entre les phénomènes de mortalité et une augmentation de la température de l’eau de mer, en cas de nouveau phénomène.

Il convient de rappeler que dès 2001, la piste d’un agent pathogène bactérien avait été identifiée, sans qu’il soit possible d’en affirmer avec certitude l’origine. Streptococcus dysgalactia equisimilis a été identifié en 2001 et S. iniae en 2002. L’agent en cause dans l’épisode de mortalité de 2014 est à nouveau Streptococcus iniae identifié dans un lot de poissons moribonds. La présence de conditions environnementales « non optimales » contribue fortement à l’émergence de ces pathologies morbides. Parmi celles-ci : baisse ponctuelle ou durable d’oxygène dans l’eau, niveau élevé en nitrates et phosphates, température élevée. En l’occurrence, la place du dernier cyclone Bejisa (début janvier 2014) et l’apport massif d’eau douce chargée en matières minérales et organiques reste à placer dans l’équation.

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Pose d'une sonde © GIP RNMR

L’emploi de ces sondes permettra de mieux comprendre le phénomène dans un premier temps.

Un dispositif qui sera complété au cours du second semestre 2015.

Depuis plusieurs mois, le GIP RNMR travaille avec les services de l’Etat, notamment avec la sous-préfecture de St Paul, afin de construire une réponse opérationnelle efficace par la déclinaison de 3 missions complémentaires associées à une action transversale :

La mission de «compréhension» sera traitée par les structures scientifiques locales qui auront à cœur de mettre en place un programme de recherche qui permettra d’apporter des informations sur les causes de mortalité et de propagation des maladies des poissons récifaux de la côte ouest. La mission «alerte» est destinée, en cas de déclenchement d’une crise, par l’opérateur en charge de la mission de surveillance le GIP RNMR, à demander l’organisation immédiate d’une réponse de la puissance publique compte tenu des enjeux sanitaires. Le volet «bancarisation» est un volet transversal qui sera chapeauté par le GIP RNMR et sera commune aux trois autres missions.

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